Elle se sentait tout étourdie et soudain elle a crié
De ses lèvres comme des mains elle a saisi sa bouche
Comme pour étouffer ce râle qu'elle a voulu gardé
Il se laissait faire, il avait deux ans, cinq ans, dix ans
Il était dans les bras de cette femme, mère-maîtresse
La tête au creux de ses seins, lové comme un enfant
Il montrait une attitude égratignée de maladresses
Il aurait voulu pleurer ces vingt-huit années de larmes
Larmes retenues et lui offrir son c½ur en disloque
Pour qu'elle le répare, comme ces poupées de charme
Poupées de porcelaine qui ne supporte aucun choc
Pas de honte, tant de calme, un éden qui sentait bon
C'était un merveilleux fouillis, d'amour, d'étreintes
Il aura voulu faire de sa poitrine, son antre, sa maison
Avec sa peau en terre d'exil sans aléas, sans labyrinthe
Elle, et son visage rosi par les transports de l'amour
Visage qui offrait tous les tons changeant de la nacre
Elle qui serrait si fort dans ses bras cet amant d'un jour
De toujours, qu'importe, cet instant était un hamac
Il y avait du soleil partout, dans sa maison intérieure
Ciel bleu, pas d'orages, une profonde sérénité, latente
Là, petit à petit, maîtrisant à la fois le feu de son c½ur
C½ur qui cognait et ses jambes offertes et tremblantes
Elle déposait ses lèvres, chaudes et tant pleines de douceur
Sur son front, sur son nez, sur ses lèvres et fermait les yeux
Enlacés, inscrits l'un dans l'autre, elle n'était plus seule
Elle n'avait plus froid, plus peur, elle était belle, heureuse
