Le soleil a tourné autour de la fontaine, le jour s'affaiblit
Puis-je nommé mon désir dans sa fragrance, un besoin
Un lien dont la nature n'était pas beaucoup plus sibylline
Que cette arrogance à vouloir s'avancer dans l'inconnu
Vagabondage hors de moi, dans le vestibule de l'au-delà
Allais-je me retirer et rester ainsi sur une déconvenue
Mettant un doute au centre de l'énigme une autre fois
Pourtant n'était-ce pas lutte vaine contre l'inéluctable
Certes oui. Ce souffle chaud qui glisse sur mon épiderme
Euphorie passagère, c'est comme une éponge sur la table
Comme une vie renouvelée, nettoyée de tant de peines
Qu'entraîne pour ma part, de façon presque inconsciente
Le besoin de forcer le miracle et d'élargir mon espace
Timoré je le deviens, tel un cadichon face à l'émouvant
Timide intimité, le désir de fusion en moi fait place
Y a t il une raison à se rendre dans ce jardin du plaisir
Y a t il une raison à fuir ce monde où rien n'aboutit
Aucune larme dans mes yeux qui restent sans sourire
Soudain c'est la magie absolue plus de jour plus de nuit
Entre plaisir et danger ici c'est plus ou moins pareil
Entre bien et mal, je sais que les deux font souffrir
Assis au bord de la fontaine, je m'évade de ce bleu isabelle
Une idée me traverse, c'est pour moi que je suis revenu
Une partie de ma vie s'est écoulée là dans cette fontaine
Dans ce labyrinthe, non point dédale ni évasion de plume
Seulement une étape où j'ai pu déverser en parties mes peines
Peut-être sous ce regard qui gagne tant en précision
Le monde devient-il plus divin, seul dans son euphorie
Estimant que j'ai peut-être l'âge de reconnaître mon nom
Ecrit sur l'enveloppe immaculée de ma naissance, et lire...
_ «Pour tous ces jours qui restent à venir
Comme autant de pages à tourner
D'où tu ne pourras jamais t'enfuir
Tu essaieras sans cesse de te faire exister »
