C'est un passage bien ancré et bien stable
Où draine des mélancolies et des drames
Un monde sans arrière plan sur l'invisible
A la fois plus limité, plus pur, plus précis
Un monde où les gens s'abordent sans échange
Se parlent d'une rive à l'autre comme des géants
Une énigme qu'il vaudrait bien mieux ignorer
Un indicible avide, capable de tout absorber
Un horizon lointain, quelque chose d'imaginaire
Qui s'ouvre en deux et laisse place aux chimères
On l'a tous dans le c½ur cette toute petite envie
Une envie d'ailleurs, sans ennui, bleuette de vie
D'une rive à l'autre, après tout il n'y a qu'un pas
C'est peut-être un interdit, un aller sans départ
Faut-il s'abandonner dans les édens de l'illusion
Du superflu, juste pour une poignée de seconde
Alors j'ai jeté mes bras, là, loin devant moi
Comme pour attraper, ce que je ne voyais pas
Et toucher ce lointain, tellement près de moi
Et caresser sans réserves, le ventre de l'au-delà