Un sourire né de ses lèvres
Immergée de son sommeil
Entre la vérité et le réveil
Une libellule vient de passer
Sur le roseau s'est déposée
Puis de nouveau s'est envolée
Et sur son sein s'est reposée
Comme un tatouage
Elle reste là
Et reste sage
Comme une image
La fuite des ombres la baigne
Dans un radieux bain de soleil
Te voilà redressée et si belle
Si belle et nue toi mon amie
Je suis venu pendant la nuit
Et de toi je me suis empli
Tes arômes et ton jardin
Une vigne et ses raisins
Nectar meilleur que le vin
Et sur toi je me suis lové
Ta peau, je l'ai caressé
Et posé tous mes baisers
Tout ton corps fut un palais
Avec parc et l'amour d'errer
Friselis, sur ta peau nacrée
Je l'ai effleuré, doigts hésitants
Longtemps, longtemps, latent
Des baisers, des baisers de ma bouche
Mon ombre et ton corps se touchent
Ton bas ventre, ma mie, ton bas ventre
Ne fût-il pas ma maison et mon antre
Toute mon âme s'est emplie de cannelle
Epice sève de femme, délice et merveille
A te boire mon amour, je t'ai sentie frissonnante
Et grâce ce collier qui ne fût autre que tes jambes
Autour de mon cou, détroit de tout mon corps
Disparu en volute quidam et qui s'erre encore
En ton corps et autour, dans les herbes folles
Personne ne transpire, ni toi, ni moi, pas nous
Mais seulement la verdure, sa rosée, ses remous
A la surface des souvenirs, ton esprit s'évade
La gorge irritée, les mots ne s'entendent pas
